Ariegenduro 28 02 2019

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Voilà déjà un petit moment (en fait depuis que Laurent l’avait testé en aout 2018) que l’idée d’aller tâter les pistes d’Ariegenduro titillait certains d’entre nous, notamment Julien, qui, malgré son vélo pourtant complètement typé All Mountain, s’entête à vouloir faire de l’enduro. C’est donc Julien qui, à la faveur de nos congés respectifs et concomitants ainsi que du beau temps et des températures printanières de cette fin février, propose la sortie en question.

Prise de contact via la page Facebook d’Ariegenduro : en effet, le spot n’est pas ouvert à tous en libre service eu égard à des questions de sécurité et à l’investissement humain nécessaire à l’aménagement et l’entretien des pistes. L’accès au site ne se fait qu’avec l’accord de l’association, accompagné par un membre de l’association et moyennant l’acquittement d’une assurance de 5€ par personne.

Malgré notre demande tardive, Keavin, le président, nous trouve quelqu’un pour nous accompagner, un jeune vététiste avec qui nous avons rdv à 9h30 à Ginabat (entre Foix et Tarascon) en ce jeudi matin.

C’est effectivement un jeune enduriste de 16 ans, Enzo, que nous voyons arriver sur un VTT semi rigide et en T-shirt alors que Julien et moi sommes en train de nous demander si nous prenons nos vestes ou pas afin de contrer les effets rafraichissants du petit vent matinal. Comme je m’étonne de la tenue légère d’Enzo, celui-ci me dit que nous serons sur les versants sud et que nous allons avoir chaud. Julien prend quand même sa veste mais je laisse courageusement la mienne dans la voiture et ne pars qu’avec mes trois couches habituelles, ce qui ne manquera pas d’étonner ceux qui connaissent ma frilosité maladive…

C’est donc parti pour la première montée qui, comme nous l’explique Enzo, doit nous amener au départ de « la Sapin », notre première spéciale de la journée. Comme cela était prévisible, nous nous arrêtons au bout de dix minutes pour enlever quelques couches de vêtements. La montée se fait par la route via Montoulieu, puis par la piste sur la fin. Nous rencontrons alors Georges, un autre membre d’Ariegenduro qui fera une partie de la sortie avec nous. Comme il y a de la neige sur les hauteurs, nous n’allons pas jusqu’en haut de « la Sapin » et nous stoppons notre ascension aux trois quarts après 600 de D+ depuis notre départ.

Bon, nous y voila, nous nous équipons des protections et des casques intégraux et c’est parti : Enzo ouvre la route au milieu des sapins (ce qui ne manque pas de susciter chez moi des interrogations  sur le nom de la spéciale : serait-ce lié, est-ce une simple coïncidence ?), et y va selon lui « tranquillement ». C’est-à-dire qu’on n’arrive pas à le suivre… ou enfin si mais à une distance augmentant régulièrement tout au long de la descente… C’est fou comme c’est difficile à suivre un semi rigide… A moins que ne soit le pilote… Le terrain est absolument sec, avec des racines un peu partout (ce doit être à cause des sapins à mon avis) et Julien et moi apprécions bien cette première descente malgré l’appréhension et les hésitations inhérentes à la découverte du terrain et la présence sporadique de quelques tapis d’aiguilles de sapins (dont il faudra que je réfléchisse à l’origine) qui rend l’accroche parfois précaire. Pour une prise de contact, c’était très bien mais du coup nous nous disons que nous gagnerions encore un peu plus de plaisir en connaissant mieux le terrain. Qu’à cela ne tienne, Enzo nous propose de remonter et de la refaire. Cette fois-ci nous partons d’un peu plus haut en poussant les vélos sur le haut de la trace. La deuxième descente confirme notre première impression : c’est top. Ce qui fera dire à Julien : « On n’est pas bien là ? ». Question rhétorique qui reviendra d’ailleurs très régulièrement durant la journée.

Bon, « la Sapin », c’est fait et maintenant nous allons voir « la Jump Line », qui comme nous l’explique Enzo, présente une succession de sauts divers et variés (là encore, coïncidence troublante avec la traduction du nom anglais de la piste). Ayant deviné que notre appréhension (euphémisme souvent employé par le vététiste pour dire « peur ») n’a d’égal que notre manque de compétence dans le domaine aérien, Enzo nous propose de remonter la spéciale à pattes pour que nous puissions repérer les sauts avant des les attaquer (ou pas) en descente. Bon les derniers sauts sont faisables, même pour nous, mais nous arrivons rapidement sur des doubles : vous savez, une bosse pour le décollage, une autre bosse pour l’atterrissage située à une distance variable de la première et un trou entre les deux (d’une profondeur variable également). Même s’il n’y a rien de monstrueux, si tu n’arrives pas avec assez de vitesse, c’est mal. D’autant que la trace qui tournicote entre les arbres est bien pentue et également jonchée d’aiguilles de sapins (de la même origine que précédemment peut être ?) ce qui n’aide pas aborder l’obstacle de façon tout à fait sereine. Enzo tente bien de nous rassurer gentillement en nous faisant une démonstration en déboulant à balle pour passer une double comme une fleur, puis en nous proposant de le suivre et de faire comme lui, mais nous nous faisons peu d’illusion sur l’ampleur de la différence de talent qui nous nous sépare et nous avons du mal à nous convaincre que nous allons savoir débrancher le cerveau.

La descente nous le confirme, Enzo part devant et nous suivons de loin en privilégiant les échappatoires heureusement présents sur tous les sauts. Je ne prendrai que les derniers sauts en me disant qu’il faudrait quand même que nous travaillions un peu spécifiquement le sujet afin de combler nos lacunes… C’est pas très grave pour autant puisque nous nous sommes fait plaisir quand même.

Et maintenant « la toboggan » ! Bon faut remonter un peu d’abord, par la route au début puis par la piste où nous rencontrons la neige sur les parties ombragées avant d’arriver au départ. Enfin, comme pour « la sapin » nous ne partirons qu’aux trois quarts de la spéciale à cause de la neige. Comme son nom semble le suggérer, « la toboggan » fait plus dans le flow et tournicote entre les arbres dans la pente terreuse et racineuse. Un régal : pour ma part, ce sera la descente que j’apprécierai le plus.

Arrivés en bas de « la toboggan », nous rejoignons le village de Seignaux, pour attaquer la spéciale suivante appelée « la Seignaux » (là aussi il faudra que je me penche sur les origines du nom), plus rapide et caillouteuse que les précédentes. Encore du plaisir qui nous emmène tout en bas.

Dernière remontée par la route puis par un single à flanc de pente et un final assez raide qui fait mal à mes jambes pour revenir à Montoulieu pour notre dernière spéciale « La Montoulieu » (encore un mystère étymologique à éclaircir). Là aussi que du bonheur, ce qui ne n’empêchera pas, moi de manquer de me mettre au tas et Julien de s’y mettre vraiment (chute sans gravité heureusement).

 Nous arrivons hélas au terme de cette journée et de notre sortie mais avec un sentiment de profonde plénitude et en nous demandant ce que nous pourrions rêver de mieux quand Enzo nous propose de l’attendre à la voiture pendant qu’il passe chez lui pour chercher deux bières qu’il avait mises au frais avant de partir… y’a pas à dire, il sont forts ces Ariègeois et ils savent recevoir !

Au final, 35 km, 1500 de D+ et surtout 6 spéciales savoureuses dans un décor fantastique (Relive ici).

Un grand merci à Ariegenduro pour nous avoir permis de profiter de leur spot et surtout merci à Enzo qui a été un guide compétent, patient, pédagogue et d’une gentillesse sans faille.

Avis aux amateurs, Ariegenduro organise le premier Enduro de Montoulieu le dimanche 19 mai 2019. Dépêchez-vous de vous inscrire le nombre de participants est limité à 100 !

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Commentaires (2)

1. JulienF 02/03/2019

Pow pow pow un Cr à la hauteur de la sortie, magique ! Elle me restera gravée longtemps celle là! Tout est dit, je me suis déjà inscrit pour l'enduro de Montoulieu en mode fun. Viendez nombreux prendre du plaisir !!!

2. sylvain 04/03/2019

Alors on s'est fait un petit plaisir en amoureux, tous les deux, il y avait du caprice des dieux?
Sinon je rebondis sur l'expression le plus débile que je connaisse "debrancher le cerveau" pour faire une action difficile. Justement si tu veux te planter sévère débranche ton cerveau et la connerie ou l'erreur est 100% garantie. . La maitrise ne vient pas en faisant le gogol mais bien en analysant toutes ses actions pour ne retenir que celles qui sont efficaces. Si tu veux faire un gros saut c'est pas en s'en remettant à la madone que ça marche mais c'est en pratiquant régulièrement avec retour d'expérience et l'expérience des sauts c'est pas trop notre truc. J'espère que l'on trouvera prochainement l'occasion travailler le sujet.

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