Endureaunes 20 04 2019

Eaunes 20 04 2019

Si vous voulez savoir ce qui se cache derrière ce titre incongru, vous allez devoir supporter une fois de plus la prose ampoulée du rapporteur du jour, c’est-à dire bibi.

Eh bien, sachez tout d’abord que ce titre aurait fort bien pu être complété par le sous titre suivant : « On a débloqué Julien ». Vous pouvez donc vous féliciter d’avoir échappé au pire puisque le sous-titre en question, loin de lever le voile sur la signification du titre initial, n’aurait apporté que confusion par les interprétations plus ou moins heureuses qu’il aurait pu susciter.  

Revenons plutôt aux origines de la sortie du jour : la météo étant incertaine dimanche, y compris vers notre refuge méditerranéen habituel, je proposais à Julien d’avancer notre sortie généralement dominicaine au samedi, météorologiquement beaucoup plus clément, ce qui présentait également l’avantage non négligeable de libérer notre planning du dimanche pascal afin de nous consacrer pleinement à la chasse aux œufs.

Je proposais également de localiser notre sortie dans la forêt d’Eaunes, et ce malgré le désamour récent dont nous avions fait preuve à son égard, au profit, il faut l’avouer, de merveilleuses contrées voisines plus propices à l’enduro.

Afin de remporter l’adhésion dudit Julien, fort attaché à la pratique enduristique précédemment citée, je lui promettais une sortie pédagogique à thème avec pour ambition de nous faire travailler les sauts et, si possible, de nous faire progresser dans ce domaine où nous ne brillons pas vraiment tout à fait. Pour préciser le contexte, il faut noter que suite à quelques réceptions de saut hasardeuses qui avaient contraint Julien à  éprouver le doux contact du terrain Eaunois, celui-ci nourrissait à l’égard de ce dernier une rancune certaine doublée d’une appréhension  limite pathologique à l’approche d’une bosse.

Je dois également avouer que j’avais moi aussi la secrète ambition de passer outre ma peur et de m’attaquer à certaines bosses doubles, mais aussi de sauter « la marche » et « le road gap » (qui se trouve être en fait un track gap). Et c’est donc fidèle à ma témérité légendaire que je me présentais Allées Niel avec une tenue digne du championnat du monde de DH : casque intégral, genouillères et dorsale. Comme quoi, le manque de confiance en soi peut pousser à des comportements étranges…

Deux autres biclous, Laurent et Christian s’engageaient également à nos cotés, mais avec un équipement beaucoup plus sobre et conforme à nos standards habituels.

Passons sur le bonheur indicible de pédaler en montée avec un sac à dos agrémenté de 23 kilos d’équipement de protection ou de trimballer le dit équipement sur le dos et  la tête, et la surchauffe ainsi occasionnée chez le Vttiste (si je tenais l’empaffé qui a dit «en avril ne te découvre pas d’un fil ») et concentrons-nous sur le sujet du jour : les sauts.

Nous attaquons tout d’abord par du facile pour nous mettre en confiance en profitant honteusement des récents aménagements réalisées côté ouest de la forêt  par notre bienfaiteur anonyme, et dès les premières bosses, nous sentons Julien reprendre confiance, comme en témoigne le sourire qui s’affiche alors sur son visage. Convaincu qu’il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud (c’est mon côté forgeron), je mène alors notre petite troupe vers nos spéciales habituelles sur le versant Est de la forêt. Nous attaquons par la DH du Régas (ou « entre les arbres »)  et nous attardons longuement sur les trois dernières bosses que nous referons plusieurs fois. Pendant que Julien s’épanouit (comme son sourire d’ailleurs), Laurent nous fait limite du refus d’obstacle sur la dernière bosse. Nous pensons un moment à l’achever sur place tel un pur-sang blessé (le poney club n’est pas loin) mais il finit par sauter et nous décidons donc de lui laisser la vie sauve.

Nous passons ensuite à la DH Skwal avec ses petites doubles et ses marchounettes. Là encore, on sent le Julien reprendre confiance, ce qui se traduit par l’expression appuyée de son enthousiasme qui a le don de propager la bonne humeur dans notre petit groupe. J’en profite pour tenter quelques doubles qui me résistent encore avec plus ou moins de succès, mais la solution commence à montrer le bout de son nez : il faut avoir assez de vitesse, oublier l’appréhension inutile, et ça passe crème (comme disaient  les jeunes il y a dix ans).

Dh de la Grange : mon premier challenge avec le track gap. Nous partons du haut et sur la première double j’entends Julien, qui me suit, s’étonner de la sauter. Le même Julien ne se fait pas prier pour passer allégrement le saut sur la souche avant le gap. D’ailleurs, c’est bien simple, maintenant, il veut  tout sauter ! Comme quoi c’est dans la tête : on sous-estime souvent le côté psychologique dans le développement moteur du VTTiste. Pour moi, c’est l’heure du gap et de l’appréhension… Je me lance une première fois : trop court. J’atterris sur le peu qui reste (heureusement) de l’atterro : pas assez vite mon fils. Deuxième essai, je prends plus de vitesse : c’est mieux  mais ce n’est toujours pas assez. Je m’arrête là mais il faut que je travaille cette p… d’appréhension qui finit par être plus dangereuse qu’utile.

 

Direction « La Marche » (DH Gap sur strava) : cette marche que nous roulons d’habitude mais qu’il semble tout de même plus opportun de jumper… Ben finalement c’est effectivement  bien plus agréable et plus facile avec un petit saut. Encore une fois, p…. d’appréhension !

Il est temps de prendre le chemin du retour, surtout que Julien, décidément euphorique, nous promet une bière chez lui. Retour donc par la DH Skwal, la remontée « champ ruisseau », Jouliou et les crêtes jusqu’à Muret et l’accueillante  et rafraichissante terrasse de Julien.

Merci à Christian et Laurent pour avoir supporté nos interminables et répétitives haltes pour que Julien et (surtout) moi puissions nous équiper et déséquiper de nos protections. Bravo à Julien pour avoir su surmonter son appréhension et merci aussi à lui pour son enthousiasme toujours aussi communicatif.  

Merci aussi au shapeur anonyme sans qui nous n’aurions pas ces opportunités.

Au final 33 km pour 630  de D+ en un temps que la décence m’interdit de préciser ici.

PS : je concours pour le plus long et le plus indigeste Compte Rendu d'une sortie à Eaunes. Je pense que j'ai mes chances...

 

Eaunes

Commentaires (5)

1. sylvain 23/04/2019

Je vois que l''éclate continue bravo. Ne progressez pas trop vite car lorsque je pourrai revenir je serai un vrai boulet pour vous.

2. sylvain 23/04/2019

Ps j'aurai vraiment aimé être de la partie.

3. christwend 25/04/2019

Effectivement tu recevra la palme d'or pour ce compte rendu. En voyant cela je renonce à faire le mien de la fumade et consacre le peu de temps qu'il me reste pour faire du vélo.

4. Marc 25/04/2019

Excuse aussi douteuse que non recevable Christophe. J'attends ton CR!

5. sylvain 25/04/2019

D'accord avec Marc, excuse absolument pas recevable. De plus j'aimerai bien savoir comment était le fumade 2019.
Alors Christophe y va falloir te mettre à tes crayons est nous faire le CR de la mort qui tue.

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