Mercuès 19 janvier 2020

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C’est sur une proposition de Julien que, Julien donc, Jérôme et moi-même décollons de Muret direction Mercuès dans le lot à bord de la voiture de Jérôme. Décollage laborieux puisque nous mettrons presque ½ heure à installer les vélos sur le porte vélo, mais bon. Nous mettrons cela sur le compte de Julien, qui a le cou bloqué depuis quelques jours, ce qui l’empêche non seulement de tourner la tête à droite mais également d’avoir une vision d’ensemble du chargement.

Malgré son handicap, Julien nous propose une trace de JPR31 (encore lui, on ne le remerciera jamais assez) intitulée Magic Hill. Tout un programme, d’autant que Julien a également pris contact avec Vincent, un local qui se propose de nous accompagner à partir de midi pour nous guider sur les traces, locales elles-aussi.

Le trajet se passe tellement bien que Jérôme décide de se tromper de route en arrivant à Cahors pour le prolonger un peu. Nous arrivons donc sur place vers 9h10 et nous venons à peine de descendre de la voiture que nous voyons arriver un autochtone qui s’avère non seulement être au courant de notre venue, mais également se prénommer Yvon et être tout à fait sympathique. Yvon,  vététiste de son état, nous explique que c’est Vincent qui l’a briefé sur notre venue et nous commençons à discuter des sentiers que nous avons prévu de prendre. Il semble connaître le coin par cœur et nous indique qu’il a lui-même ouvert plusieurs traces. Ça commence donc très bien, même si Yvon ne peut se joindre à nous pour cause d’un bris de cadre fâcheux… Dommage, pour son cadre d’abord, mais aussi pour nous car, comme nous le verrons un peu plus loin, nous aurions avantageusement profité des services d’un guide local dès le matin.

Nous partons donc assez tardivement mais pleins d’entrain quand même. La température est plutôt fraichouillette d’autant que le vent est relativement présent, mais la première montée vers le château nous aide à nous réchauffer. Nous empruntons le chemin en corniche sous le château qui surplombe le lot. Le paysage en contrebas est magnifique mais il ne faut pas le regarder trop longtemps sous peine d’aller de le voir de plus près avec une vitesse d’approche peu compatible avec la survie de l’être humain moyen. En clair mieux vaut garder un œil vigilant sur la trace car elle est belle mais étroite par endroit et il est interdit de partir à la faute sur la droite. Je me dis d’ailleurs que ce n’aura pas été un problème pour Julien puisqu’il ne peut pas regarder à droite à cause de son cou bloqué mais il me détrompe bien vite : il semble malheureusement souffrir copieusement et son humeur, de coutume si enjouée, s’en ressentira une bonne partie de la matinée. Il serre pourtant les dents et continue en tenant courageusement le cou… le coup, pardon.

Nos premières descentes, la Malhic et la Pénitence, sont fort sympathiques et les montées qui vont avec (rien n’est gratuit en ce bas monde) sont comme le terrain : fidèles à leur réputation, c’est-à-dire bien énergivores. La navigation GPS, dont j’ai la lourde tâche, s’avère ardue et rendue encore plus difficile par le manque de précision du GPS et la multiplicité des singles, d’autant que nous passons plusieurs fois au même endroit ou pas loin. Vous rajoutez à ça un bon tapis de feuilles qui rend les débuts de traces difficiles à repérer et vous obtenez un Julien qui râle et m’engueule copieusement en me qualifiant de «mauvais » et de "nul" toutes les 5 minutes. Mon stoïcisme reste cependant intact malgré ce flot d’invectives et ma grande mansuétude m’aide à voir le bon côté des choses : au moins, pendant ce temps là, il ne pense pas à son mal au cou.

Nous enchainons par le 5 à 7, un single dont l’inclinaison n’est globalement pas dans le bon sens, mais qui nous permet d’aller chercher la montée à l’église de Saint Henry (c’est raide !) mais la récompense vient après avec la descente de la Combel Nègre.

Nous reprenons le 5 à 7 à l’envers (avec la pente dans le bon sens cette fois-ci) puis revenons vers Mercuès où Vincent nous attend. Jérôme insiste cependant pour aller d’abord visiter l’ancienne gare de Mercuès ce qui nous vaudra un petit détour.

De retour au parking nous en profitons pour nous débarrasser de nos protections que nous avons trimballées toute la matinée pour pas grand chose et faisons enfin la connaissance de Vincent, fort sympathique lui aussi, qui nous ouvre bientôt la voie sur son Santa Cruz Tall boy (ça rappellera des souvenir à notre Bien Aimé Président). Après une petite liaison sur la route pour changer de secteur (direction Espère), Vincent nous donne le choix entre une montée physique et technique et une autre  plus progressive. Vous me connaissez, rien ne me fait peur et c’est pour cela que je m’empresse de voter pour la deuxième solution avant que mes camarades n’aient eu le temps de se prononcer.  

Bien m’en prendra, puisque l’appréciation du côté progressif me laissera quelque peu perplexe. Mais bon, comme disait Einstein, tout est question de référentiel (il n’avait pas dû faire beaucoup de VTT quand même, celui-là). Bref, j’ai déjà mal aux jambes et je pioche copieusement après seulement 700 m de D+. Vincent et Jérôme prennent quelques mètres d’avance alors que Julien reste avec moi par pure charité et nous finissons par arriver en haut de la première montée (Climb à l’homme des bois).

Par contre niveau guidage, ça n’a plus rien à voir : d’abord, mes camarades ont enfin la sensation de suivre quelqu’un qui sait où il va et Vincent, en plus d’être sympathique, est un pédagogue né : il nous présente toutes les éventuelles difficultés ou particularités du terrain et de la trace à l’avance avec force de conseils. D’autant qu’il suffit de le voir rouler et d’essayer de le suivre pour se convaincre que les dits conseils doivent être bons à suivre. Pour ne rien gâter, Vincent nous avoue qu’il passe autant de temps à ouvrir des traces qu’à les rider : quel saint homme !

La suite se passe sur les crêtes de Lalio et le Travers de la Cocote, qui malgré son profil globalement descendant et comme tous les travers du coin, est bourré de relances bien casse-pattes. Une spécialité du coin semble être la reconversion des anciens murets que l’on trouve un peu partout dans la nature : deux options possibles, comme bosse dans le sens de la largeur ou comme single dans le sens de la longueur. Cette deuxième option donne des passages parfois techniques mais aussi très joueurs et ce VTT Muret me séduit particulièrement.

Notons que Julien manquera de se faire percuter par un chevreuil lancé à pleine vitesse et qui passera juste devant sa roue avant. Pourtant, il arrivait de la gauche, il aurait pu le voir venir…

Puis la descente de l’Ogre et le toboggan où je retrouve des couleurs avant de pâlir à nouveau puisque nous entamons une nouvelle montée qui emprunte pas mal de traces en cours d’ouverture par Vincent, ainsi que le peu d’énergie qui reste dans mes jambes.

Il est déjà tard, et nous attaquons la dernière descente, à mon avis la meilleure du jour, avec du flow  et pas mal de passage sur les murets : excellente.

De retour à la voiture, nous débriefons avec Vincent (et quelques bières aimablement fournies par Jérôme) puis le remercions vivement avant de prendre congés.

Dernière péripétie au moment de mettre les voiles, la voiture de Jérôme ne veut pas démarrer : batterie trop faible. Heureusement un voisin sympathique (ce doit être une autre spécialité locale) qui avait perçu notre détresse nous dépannera instantanément grâce à un outil magique, le booster de démarrage, dont il nous fera l’article et dont nous prendrons tous les références.

Au final 43 Km et 1057 m de D+ et un grand merci à Vincent pour son guidage, ses traces et sa gentillesse.

 

Commentaires

  • JulienF
    • 1. JulienF Le 21/01/2020
    Excellent CR! une belle sortie qui change un peu des précédentes, du VTT AM bien physique sur des singles ludiques. Vincent est top et son terrain de jeu aussi, à rééditer ! Et il connaît d'autres secteurs comme Douelle, St-Vincent-rive-d'olt ouTrespoux.
  • sylvain
    • 2. sylvain Le 21/01/2020
    C'est plus du CR c'est un roman 'VTT Muret en balade" en édition originale de 1025842 pages par Maitre Marc script officiel.
    Avant on avait notre sympathique râleur du nom de David je vois que Julien s'est porté candidat pour le remplacer. On est passé du râleur méditerranéen au râleur Dourgnien, c'est pas le même style mais je saurais pas dire lequel est le plus ........ou le moins…….. pas facile de trouver le bon adjectif, alors disons disgracieux pour rester poli.
    Sinon superbe idée de faire appel aux guides locaux , y pas mieux pour découvrir le coin et d'autres Vététiste.
    Sinon je vois que question chargement vélo je n'y suis pour rien dans les difficultés car les problèmes semblent persister même en mon absence.
    J'espère pouvoir vous joindre prochainement
    Sylvain

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